| Groupe Saltigui de Diofior |
Au Sénégal, les formes d’expression culturelle et particulièrement le Sérère sont aujourd’hui confrontées à des difficultés et contraintes majeures dont, entre autres : (i) la tendance à la régression des valeurs culturelles, (ii) le recul de la langue surtout chez les jeunes, (iii) le fort taux de migrants avec comme corollaire l’analphabétisme et le faible niveau de vie, (iv) le manque de dynamisme et de créativité des acteurs culturels avec comme conséquences un faible niveau d’implication dans les sphères de décisions et un impact marginal des productions culturelles dans les processus de création de richesses, de développement local durable et de lutte contre la pauvreté
L’ONG « Ndef Leng », Union des Associations Culturelles Sérères qui regroupe cinquante et cinq (55) associations de villages et de nombreux sympathisants, est en phase d’exécution de son programme culturel et plus particulièrement de son Festival des Arts, Rites et Musiques Sérères « Festi’Siin » financé par l’Union Européenne pour un montant maximal de 34 033 381 francs CFA, équivalent à 90% du coût total éligible estimé de l'Action ; (Numéro de référence du Contrat de subvention : FED 2011/272-917).
L’organisation du festival s’inscrit dans la dynamique des « Journées Culturelles Sérères » organisées par l’ONG Ndef Leng tous les deux ans, pendant quatre (4) jours et dans différentes localités du pays et dont la première édition remonte à 1996 à Diourbel et la dernière à 2005 à Fatick. Après maints reports dus à des contraintes financières notamment, l’ONG s’était fixé comme objectif prioritaire en 2011/2012, l’organisation de la sixième édition. Pour ce faire, elle a mis en place un Comité de Réflexion qui, à partir du diagnostic des journées culturelles précédentes, a proposé des innovations quant à l’orientation, le format, l’organisation et le financement desdites journées. Le présent projet s’inscrit dans la cadre de la nouvelle option qui a été adoptée par l’ONG.
Le festival des Arts des Rites et des Musiques Sérères « Festi Siin » qui a commencé les 06,07 et 08 Janvier 2012 à Fatick se poursuit à Dakar les 04, 05, 06 et 12 Mai 2012. Il se déroule sur une période de huit (8) mois dans deux (2) régions du pays (Dakar et Fatick) I Ce Festival implique les acteurs culturels et les populations des départements et collectivités locales desdites régions ainsi que ceux de Thiès, Louga, Kaolack, Diourbel et Tambacounda où l’ONG Ndef Leng est fortement représentée.
Plus spécifiquement, la mise en œuvre du Festi Siin traite des problèmes suivants : (i) l’implication des acteurs culturels dans toutes les étapes de la mise en œuvre du festival (conception, réalisation, suivi/évaluation), (ii) la valorisation auprès des jeunes du savoir traditionnel et du patrimoine culturel des communautés sérères, (iii) la promotion de l’utilisation de la langue sérère dans le processus de développement participatif, (iv) l’initiation d’un dialogue réel entre acteurs culturels favorisant le sentiment de partager une communauté d’intérêts afin d’améliorer entre autres la visibilité de leurs œuvres.
Le Festi’Siin contribue à la prise en charge des besoins et contraintes du Sénégal, des groupes cibles et des bénéficiaires finaux. Ceci se ressent davantage à travers l’impact du festival sur :
1) L’émulation de la créativité, le festival constitue, du côté des acteurs culturels, des professionnels et des festivaliers en général des occasions de découverte, d’apprentissage et de discussion favorisant surtout chez les artistes un échanges d’expériences et un enrichissement mutuel ;
2) La création du lien social nécessaire au renforcement de l’identité sérère et au-delà, à la promotion d’un brassage entre les différentes communautés et du dialogue interculturel ;
3) La plus value offerte aux différents acteurs culturels, aux opérateurs économiques locaux et aux collectivités locales, le festival étant une bonne opportunité économique ;
4) La visibilité offerte à la collectivité qui l’accueille, à travers une image et un prestige qu’elle n’aurait point par ailleurs ;
5) La démocratisation de la culture, à travers son accessibilité aux différentes couches sociales et la possibilité pour les jeunes talents de s’exprimer et de promouvoir leurs œuvres.
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